Vers le lac

Alors que la vallée encore endormie stagne dans l’ombre sous un voile de brume, nous montons.
Dans nos silences, l’écho sourd, régulier, de nos pas rythme notre montée.
Monter, c’est penser, analyser, vider, nettoyer, gagner, voir, entendre, sentir.
Sentir son corps, la façon dont on le mène.
Sentir les odeurs qui prennent une importance folle; ça va de la végétation qui se décompose en cette saison aux signes de la présence d’un animal.
Toutes ces odeurs pourraient paraître fortes, désagréables pour les personnes qui ne les connaissent pas ou qui ne les recherchent pas, mais pour moi, ce sont les odeurs de la nature et qui lorsqu’elles sont présentes, en disent beaucoup sur ceux qui sont ou qui ont été où je me trouve.
Quand ça sent « la bête » tout de suite on sait que l’on se trouve parmi les chamois, les bouquetins, sangliers, les biches. C’est fort, puissant, ça sent le musc. A ce moment là, on entre dans leur périmètre proche et tous nos sens sont en éveil, pour ne pas passer à côté d’un bel instant.
J’imagine que certains doivent sourire en lisant ça, mais chaque milieu a ses odeurs et lorsqu’une odeur externe se trouve où elle ne devrait pas, c’est désagréable, perturbant.
Lorsque je suis une citadine, euh plutôt une villageoise (pas la piquette hein!!), j’aime sentir ces odeurs discrètes liées à la « civilisation » comme mon écharpe qui sent mon parfum, comme les odeurs liées à la bonne hygiène de chacun d’entre nous.
Par contre, lorsque je suis en montagne, je trouve ces odeurs civilisées de parfum comme agressives, invasives.
Dans ce milieu là, les odeurs de la nature sont les seules qui ont lieu d’être et j’aime mille fois mieux sentir l’odeur d’un chamois que celle d’une femme parfumée qui a eu bien chaud en montant.
Non, je ne suis pas une sauvage, mais imaginez l’inverse; une personne en ville qui sentirait la nature, l’odeur des biches, ça serait désagréable, déplacé, et bien, dans le sens inverse, c’est pareil. Attention, il ne faut pas confondre manque d’hygiène et odeurs naturelles.
Si j’étais au cinéma et qu’à côté de moi quelqu’un sentait la nature, ça me serait désagréable.
Mettons bien chaque chose dans sa situation.
Je suis sûre que certains d’entre vous vont me prendre pour une arriérée, une sauvage, mais moi, ça ne me dérange pas, je sais et j’aime ce que je suis. J’aime l’odeur la Terre quand je la parcours.
Et voilà, une fois de plus que je me suis prise à bavarder et je m’évade du sujet.
Je me tais et on file là haut, où le calme en cette période est le principal résidant.
Les photos datent d’une vingtaine de jour, aujourd’hui, la neige est là, tout est sous une bonne couverture blanche et légère.

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1- La vallée endormie

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2-Bientôt au soleil

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3- Brut

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2

4-Dans les herbes d’or

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4

5- Rouge queue ♀ (merci Christophe 😉 )

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6- Vigilance à la « renarde »

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8

7-Les Fiz se mirent

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6

8-Saupoudrage

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9

9- Reflets

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10-Coup d’œil aux alentours

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« La beauté de l’apparence est seulement un charme de l’instant; l’apparence du corps n’est pas toujours le reflet de l’âme. »

George Sand

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