Sensualité des courbes

 

 

Lundi matin.
Je sus, ce matin là, résister au regard persistant de mon ombre et ne pas flancher lorsque je pris la décision de la laisser bien au chaud, au calme alors qu’elle bouillonnait devant mon sac et mes chaussures.
Je voulais monter là haut, dans la neige épaisse. Avec elle, il m’aurait été impossible d’y aller vu son état de mamie chien qui veut, mais qui ne peut plus.
C’est donc sans ombre que j’ai pris le chemin de la forêt.
La neige était froide, poudreuse et bien profonde. Le soleil illuminait les sommets alors que j’étais encore dans la pénombre de la forêt, dans le creux de la vallée.
L’étau matinal du froid s’est vite desserré pour laisser place à la chaleur de l’action. J’aime me mouvoir comme une masse chaude dans le négatif des températures. Seuls ceux qui ont l’habitude savent combien il est bon d’avancer en tee-shirt alors que tout le monde est emmitouflé sous une bonne couche de vêtements, bonnets et autres accessoires protecteurs.
L’effort est plus fort que le froid. Il nettoie, réchauffe et amène cette sensation de bien être particulier dont il devient difficile de se passer une fois que l’on a fait connaissance avec lui.
Je montais, accompagnée de mon souffle ainsi que du crissement que mes raquettes faisaient en compressant la neige.
Par moment, seul le cri d’un casse noix ou celui d’un bec croisé venait modifier la mélodie.
Je décidais d’éviter les chalets qui devaient avoir disparu sous la couche de neige pour bifurquer en direction de plus haut afin de ne pas être encaissée et d’avoir une vue étendue.
Je me fis un petit tapis douillet en tassant la neige, sortis le bout de fromage et ma tranche de pain de mon sac pour m’installer comme une reine sur son trône, dominant la vallée tout en étant entourée par une horde de sommets plus grandioses les uns que les autres.
Le silence régnait.
Il n’y avait plus d’arbres, j’étais dans l’immensité blanche. Seul, de temps à autre, le bruit d’une chute de bloc de glace rebondissant sur les parois, brisait le silence.
J’écoutais le silence et me laissais porter par la sensualité des courbes que la neige dessinait autour de moi. J’aime plus que tout les rondeurs, les ondes et reflets scintillants que l’épaisse couche de neige offre au sol.
Seul le vent peut caresser ces courbes sans y laisser une trace intruse.
Dans cette solitude élevée, je me suis retrouvée à partager l’union du vent et de la neige que le soleil rendait étincelante par endroits.
Une fois de plus, je pris conscience de la valeur de cet instant, de ce lieu et pus redescendre plus heureuse encore qu’au moment où quelques heures plus tôt, j’avais pris le chemin de la montée.

 

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1-Toit

 

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2-Transition entre douceur et abrupt

 

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3- L’arbre

 

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4-Par delà les arbres

 

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5-Alliance entre le naturel et la main de l’homme

 

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6-Là haut

 

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7-Courbes et ombres

 

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8- Retiens ton souffle, tu n’es pas le vent

 

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9-Jeu d’ombres et de formes

 

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10-Renversante

 

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11-Là bas, dans le creux

 

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12- Dernier feuillu

 

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13-Strass naturels

 

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