Transition. Blanc, bleu, vert

 

Il est une période où à quelques mètres d’altitude, on se retrouve dans deux mondes différents.
Je suis habituée, tous les ans c’est pareil, mais l’habitude ne tue pas l’émerveillement de la chose.
J’aime monter dans cette neige qui m’accueille en me faisant bien comprendre qu’elle ne se renouvellera pas d’ici l’hiver prochain, qu’elle est là pour ceux qui veulent se donner la peine d’en profiter avant son départ pour de longs mois.
Comme l’animal qui fait ses provisions pour passer l’hiver, je fais mes provisions de sensations dans la neige avant de savourer la montagne à chaussures, sur l’herbe et les roches brutes.
Ce n’est plus la neige poudreuse, légère et fraîche, mais une neige chargée par le poids que le soleil lui impose et la pulsion invasive de la terre qui veut sortir, se renouveler. Elle se retrouve entre la chaleur du ciel et de la terre, comme une couche vouée à nourrir le sol, à fournir des nuages.
Elle est là lourde et dégoulinante en pleine journée alors que le matin la fraîcheur de la nuit la laisse dure et cassante sous les pas.
Ce n’est pas une souffrance, c’est le cycle naturel des choses.
Cycle dont il faut profiter à fond car je ne sais pas si dans des années, beaucoup connaîtront à cette altitude cette transformation.
J’ai l’immense chance de pouvoir « vivre » la montagne, mais la période blanche et froide se réduit de saison en saison et la période sans neige s’allonge de plus en plus tout en atteignant une chaleur en altitude de plus en plus importante.
Ici, nous voyons vraiment la différence de cette évolution catastrophique.
Je ne parlerai pas des changements que l’on doit opérer, je parlerai aujourd’hui, simplement de ce sentiment qui m’habite, celui que je vis une chose qui n’existera plus un jour et c’est pourquoi, chacun de mes pas est aimé, apprécié car je vis ce que certains n’auront jamais la chance de connaître.
Je ne vis pas en montagne, je vis la montagne. Toute la différence est là…

 

 

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Le matin, je monte dans cet univers là

 

1-Diagonale enchantée

 

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2-Stracciatella chocolatée

 

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L’après-midi je descends dans celui-ci

 

 

3-Scille à deux feuilles

 

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4-Accroche mousse

 

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5-Bi-matière

 

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6-Dans l’ombre

 

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7-Verts

 

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Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés, le matin, à la table des anges.

Khalil Gibran.

 

 

 

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