C’était un jour gris

C’était un jour d’automne, gris, sans lumière particulière. Un jour qui pourrait sembler fade, cloitrant dans la morosité et l’inactivité.
Pour moi, c’était un jour d’automne, gris, sans lumière particulière, mais un jour coloré de tons roux, coiffé par un ciel presque uniforme.
Un jour qui sentait bon le chocolat chaud ou le thé en rentrant.
Un jour qui sentait l’amitié, la petite balade dans un lieu habituel.
L’habitude n’est pas mauvaise. Il suffit juste de l’agrémenter en ne suivant pas inexorablement le chemin qu’elle nous trace.
L’habitue peut être rassurante ou simple à aborder.
A chaque sortie, il ne m’est pas nécessaire d’avoir des objectifs motivants ou difficiles d’accès. Parfois et même souvent, c’est dans la simplicité que l’instant est inspirant.
Ce jour là, le vent n’était pas au rendez-vous, il devait bousculer ailleurs, permettre à d’autres d’avancer emmitouflés, les mains dans leurs poches en se sentant intensément vivants; A moins que ceux qu’il bousculait n’entendent pas ce qu’il me procure lorsqu’il me souffle à l’oreille son jeu d’automne et qu’ils se sentent agressés au lieu de transformer cette friction en explosion de vie.
Ce calme me permit d’avancer tranquille, sans but de découvertes, juste à l’écoute du lieu. Une sortie dans la seule attente de la vivre.
La forêt avait regonflé son tapis de feuilles pleines d’humidité atténuant le bruit des pas, permettant d’avancer discrètement sur ce matelas coloré chaleureusement.
Elle faisait une haie d’honneur pour pénétrer dans la combe où là, elle s’éclipsait pour laisser la place à la démesure du lieu.
Regards perchés sur les sommets en pensant aux anciens qui faisaient les foins là haut.
Pieds directement dans l’eau où il est plus simple de traverser rapidement les sillons des cascades que de vouloir poser le pied sur une pierre apparente qui respire au-dessus de l’eau, pour effectuer une traversée au sec. Avec moi, la pierre bascule souvent, donc je l’ignore ainsi je ne la bousculerai pas et elle n’aura pas le plaisir de me faire pivoter là où l’eau est la plus profonde.
J’ai, juste un peu, compris ce jour là, suite à une petite réflexion amicale, pourquoi j’avais souvent les pieds mouillés.
On apprend à tout âge, même lorsque l’on est têtue, mais ce n’est pas pour ça que l’on change.

En attendant de partager bien des instants avec vous, je vous emmène rapidement vers mercredi dernier. Jour gris.

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1- Veilleurs de cascade

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2- Effeuillage

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3- Vers le fond de la combe

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4-Flamboyance

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